09/03/2008

Le village du bonheur et la planète du malheur

Vu ce jour à la télé, une info sur Marinaleda, le village de l'utopie, en Andalousie. La terre n'appartient à personne, et elle doit être léguée aux générations futures. Le maire est un personnage coloré, qui arbore un foulard palestinien autour du cou, et Castro dans le coeur. Tout le monde a un travail, un toit - pour quinze euros par mois, une maison -, et un lopin de terre.  Pas de chômeurs, pas de sdf, pas de délinquants. 350 habitants heureux. Et cela fonctionne depuis trente ans ! La coopération, la solidarité, le partage, la justice, ont remplacé la compétition, la course au profit, le chacun pour soi, l'avidité prédatrice.

A côté, tout autour, c'est la société carnassière, les prix flambent, les promoteurs immobiliers s'en mettent plein les poches;  Les uns ont tout, les autres rien.

Et si on étendait le modèle andalou partout ? Puisqu'il fonctionne à l'échelle d'une commune, il peut aussi marcher à l'échelle d'un pays. Trouvons déjà des maires comme celui-ci, et le reste viendra.

Ca nous change des requins de l'immobilier, de l'industrie et de la finance ! Chassons les prédateurs de la planète, et installons l'utopie au pouvoir. Avec de la bonne volonté, comme en Andalousie, ça marchera !

Il est temps de bouter dehors les oppresseurs des peuples, et de prendre le pouvoir !

Et hier, aux mêmes Actualités, on nous servait un extrait du mode de vie américain, abondamment donné en exemple. Des camps de redressement, installés à la Jamaïque, un peu comme les prisons installées à Guantanamo... Les enfants en sortent cassés. Chez l'oncle Sam, c'est la violence à l'école, dans les rues, dans les facs, - et même au plus haut échelon. La violence, c'est un mode d'existence - elle vous saisit dès qu'on arrive à l'aéroport.

Autres images, les camps de la mort lente en Palestine. Les habitants sont sous perfusion - juste ce qu'il faut pour maintenir en vie et ne pas être accusés de génocide. On liquide, mais en douceur. Sans bruit. Inexorablement. Surtout, pas de vagues !  Pas de pub ! Tout se sait vite, aujourd'hui. On apprend quand même que 80 % de la population, aujourd'hui, reçoit une aide alimentaire. Le minimum, un peu de farine, un peu de sucre. Même plus d'huile ! Et nous, Occidentaux, nous assistons les bras croisés à l'extermination des Palestiniens...

Pendant ce temps, la propagande fait rage à la télé. On nous assène que le gouvernement combat victorieusement le chômage, pour éviter une cuisante défaite aux Municipales. Les vieilles mémés et les vieux pépés continueront à faire confiance au Grand Manipulateur. Et les emplois précaires exploseront...

Titre de FR2, "un nouveau coup de pouce pour les retraités doit intervenir" -  après les élections. Autant dire qu'il n'y aura rien. Ou une obole ! Que la télévision se chargera de mettre en valeur. Le gouvernement, c'est une bande de gangsters.

Ah, si ! J'allais oublier la dernière nouvelle, champagne s'il vous plaît ! On n'a jamais vu autant de fortunes s'édifier si vite. D'énormes fortunes.

Les écarts se creusent, et le désespoir s'installe. Et les bandits à la tête des Etats ont tout prévu pour se protéger des explosions : Ghettos de riches, et mercenaires pour les pauvres. Big brother, le grand frère ! Subissons en silence.

On va tous droit dans le mur.

Dis, petit village andalou, montre-nous le chemin, veux-tu ? Le chemin du bonheur - ensemble !

08:04 Écrit par Eva R-sistons dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (15) | Tags : andalousie, gangsters, utopie |  Facebook |